Entretien

avec un certain Reynald, passionné par le monde du Doublage !


R : Bonjour Carole…


C : Bonjour Reynald !


R : Peux-tu nous parler de tes débuts de comédienne ?


C : Oui avec plaisir ! Après mes cours de théâtre, j’ai fait partie de plusieurs compagnies. Nous étions souvent sur les routes et jouions nos spectacles dans toute la France. Il nous est arrivé de présenter nos spectacles dans des châteaux en Normandie ou dans des granges en Corse ! Il nous arrivait aussi d’être en résidence dans des centres culturels de la banlieure parisienne. De très bons souvenirs tout ça !


R : Choisit-on ce métier ou s’impose-t-il à vous ?


C : Je ne peux parler que pour moi. Depuis mon enfance, l’interprétation qu’elle soit jouée, chantée ou dansée a toujours été une évidence … !


R : Que représente pour toi cette notion un peu abstraite qu’est le public ?


C : Une notion un peu abstraite ? Je ne le vois pas comme ça. Il n’y a pas de théâtre, de représentation sans le public. Le public est impératif à l’acteur . C’est un partenaire avec qui il y a une histoire de partage, de générosité, de curiosité et d’amour.


R : Comment as-tu commencé le doublage ?


C : Une personne que j’ai beaucoup apprécié, Danielle Volle, m’a proposé de l’accompagner lors de ses enregistrements et j’ai fait mes tous premiers pas dans le doublage. La première voix que j’ai doublée, c’était sur une série que dirigeait Marc De Georgi.


R : Le synchronisme est fondamental, comment fait-on pour à la fois lire le texte, qui défile assez vite la plupart du temps, et regarder le comédien à l’écran pour s’imprégner de toutes les intentions qu’il a voulu retranscrire ?


C : On reçoit en général des indications du directeur artistique en amont puis on visionne la partie à doubler en version originale. On s’en imprègne. On saisit ainsi la situation, les intentions et les émotions par lesquelles passe celui ou celle que l’on double. Ensuite, c’est une question de technique qui s’acquiert avec de la pratique. Je ne vais pas entrer dans les détails mais il y a un moment où on ne se rend même plus compte qu’il y a un texte, on est à l’image avec l’acteur.


R : Tu doubles également de jeunes garçons, cela se fait-il naturellement ?


C : Une palette vocale assez large ça aide ! Merci Dame Nature ! Mais c’est aussi arriver à se sentir vraiment un petit garçon, une gamine, retrouver cette innocence, cette fraîcheur qu’ont les enfants. La façon de s’exprimer s’en trouve radicalement changée ! Je double aussi des adolescentes avec le même principe. Un régal, une cure de jouvence !


R : Penses-tu être plus libre lorsque tu doubles un personnage animé ?


C : Lorsqu’il s’agit d’une création de voix oui. Sinon c’est comme pour les fictions, on essaye en général d’être le plus proche possible de la version originale. Disons que j’ai eu de la chance, dans la plupart des dessins animés auxquels j’ai participé, on m’a permis d’être très créative !


R : Tu prêtes ta voix au célèbre Naruto, quel regard portes-tu sur ce succès ?


C : Quelle aventure ! Je suis ravie de ce succès ! Et pas très étonnée puisqu’en fait ce manga avait déjà de nombreux fans via les bouquins mais aussi la version japonaise sous-titrée, téléchargeable sur le net. C’était essentiellement des ados et de jeunes adultes. Lorsque la version française est sortie, un autre public, plus jeune s’est amouraché de cette série. Le fait que les personnages soient attachants et qu’il y ait pas mal d’humour contribue au succès de Naruto.


R : Quels sont tes hobbies ?


C : Quand j’ai le temps, j’adore jouer de la musique klezmer à l’accordéon, danser le Bharata Natyam qui est une danse indienne et chanter des standards de jazz.


R : Merci beaucoup Carole.


C : Ce fut un plaisir Reynald, merci !